La légalisation des jeux en ligne sème la discorde entre les maisons de jeu

Pour les opérateurs de casino de France, l’année qui vient de commencer pourrait être le début d’une nouvelle « époque »: qu’il s’agisse de l’épanouissement de quelque-uns ou de la chute des autres, il n’y a plus moyen de s’y soustraire, quand le marché des jeux en ligne deviendra l’une parfaitement légale et ouverte en France.

Maintes fois attentionné par la Commission Européenne dans cette question qui était devenue épineuse, la France a finalement décidé de légaliser les jeux et les paris en ligne, chose qui se fera, selon les déclarations officielles, jusqu’à la fin de 2009. En pratique, la loi établissant les modalités de l’ouverture sera présentée au parlement ce printemps, après quoi, une autorité déléguée par le Conseil des ministres aura en charge l’attribution des licences. Ce sera, sans doute, le signal auquel les concurrents se déclareront la guerre!

En fait, la guerre a déjà commencé, suite aux démarches audacieuses de Partouche, le casinotier qui n’a pas attendu la loi française, lançant, depuis Gibraltar, la première salle de poker en ligne. Si les autorités n’ont pas réagi, la tintamarre n’a pas été toutefois, évitée: le groupe a été assigné en justice par un casino terrestre de près de Bordeaux, qui l’accuse d’être hors la loi. Mais, quel que soit le verdict du Tribunal de Paris dans ce cas, Partouche cueillera les fruits de sa stratégie à long terme. Barrière, son principal concurrent, a choisi de se soumettre sagement à la loi intérieure, mais n’est pas resté les bras croisés pendant ce temps. Avec un investissement de 20 millions d’euros dans la création d’un site de jeux pourvu d’une technologie 3D et qui n’attend que le feu vert du Parlement!

Dans toute cette affaire, La Française des Jeux et la PMU ont fait tout pour garder leurs privilèges. Ainsi, la Française des Jeux sera toujours la seule à offrir des jeux de grattage et de tirage sur Internet. De même, le PMU a fait du lobby pour que les courses et les paris hippiques restent pour un temps dans son monopole, laissant ouverte seulement la distribution des paris.

La légalisation reste un sabre à deux tranchants, car les jeux qui relèvent du « hasard pur » ne seront pas inclus dans le schéma. La roulette, le blackjack, le craps et les machines à sous seront interdits sur les nouveaux sites de jeux, en raison du risque élevé de dépendance et de fraudes, tel qu’il a été évalué par plusieurs rapports officiels.

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